Louer sa villa en courte durée au Maroc : ce que dit vraiment la loi 80-14.
Mis à jour le 21 octobre 2026 · Par Mathieu, fondateur de The Keys Conciergerie · Lecture : 7 minutes
Oui, louer sa villa en courte durée au Maroc est légal. Mais ce n'est pas libre. La loi n° 80-14 et ses textes d'application posent trois principes : une autorisation avant d'accueillir des voyageurs, la déclaration de chaque personne hébergée et des contrôles de l'administration. Le reste, notamment beaucoup de chiffres qui circulent en ligne, ne figure pas dans les textes officiels. Voici ce que disent réellement la loi et ses décrets, article par article.
1. La loi 80-14 en bref : le texte qui encadre tout hébergement touristique
La loi n° 80-14 relative aux établissements touristiques et aux autres formes d'hébergement touristique a été promulguée par le dahir n° 1-15-108 du 4 août 2015. Elle a été publiée en français au Bulletin officiel n° 6404 du 15 octobre 2015. Elle remplace l'ancienne loi 61-00.
Selon le Ministère du Tourisme , elle poursuit trois objectifs : améliorer la qualité des prestations, aligner l'offre marocaine sur les standards internationaux, et adapter le classement à la diversité des hébergements.
2. Votre villa entre-t-elle dans le champ de la loi ?
C'est la question centrale et la réponse demande de la précision.
L'article 2 de la loi définit l'établissement d'hébergement touristique comme un établissement à caractère commercial qui reçoit une clientèle de passage ou de séjour et lui fournit un hébergement. L'article 3 liste neuf catégories : hôtel, hôtel club, résidence de tourisme, maison d'hôtes, riad, kasbah, gîte, pension et camping.
L'article 29 ajoute les « autres formes d'hébergement touristique » : le bivouac, l'hébergement chez l'habitant et l'hébergement alternatif. L'hébergement chez l'habitant vise un particulier qui accueille des touristes, en famille, dans l'habitation où il réside lui-même.
Ce que la loi ne dit pas expressément : elle ne nomme ni Airbnb, ni la « location meublée touristique » d'une villa entière. La qualification de votre bien dépend donc de critères concrets : le caractère habituel et commercial de l'activité, les services proposés aux voyageurs, et le fait que vous y résidiez ou non.
3. Les obligations concrètes du propriétaire :
1. Obtenir une autorisation avant d'accueillir. Pour les autres formes d'hébergement, l'article 30 subordonne l'exploitation à une autorisation assortie d'un cahier des charges. Le décret 2-23-441 précise que cette autorisation relève des autorités locales, après avis des services concernés. Pour les établissements classés (riad, maison d'hôtes), le décret prévoit un dépôt électronique du dossier auprès du Centre régional d'investissement.
2. Déclarer chaque voyageur. Les articles 36 et 37 de la loi imposent la déclaration des arrivées et des nuitées. Le décret 2-15-865 organise cette déclaration en ligne, avec un bulletin individuel d'hébergement par voyageur. L'obligation pèse sur l'hébergeur, pas sur la plateforme de réservation.
3. Accepter les contrôles. L'article 31 prévoit que les autres formes d'hébergement sont contrôlées par l'administration pendant toute la durée de validité de leur autorisation.
4. Être transparent avec les voyageurs. La loi impose aux exploitants de respecter les réservations confirmées, d'afficher clairement les prix et de remettre une facture détaillant les prestations.
4. Quatre idées reçues à corriger
« Airbnb est interdit au Maroc. » Faux. Aucun texte n'interdit la location courte durée. Elle est encadrée, pas proscrite.
« À Marrakech, on ne peut louer que 120 jours par an. » Ce chiffre circule sur de nombreux sites, sans jamais citer d'article précis. Avant d'en tenir compte, exigez la référence exacte du texte.
« L'amende est de X dirhams. » Les montants publiés en ligne varient du simple au décuple selon les sources. Seul le texte de la loi fait foi : consultez-le ou faites-le lire par un professionnel.
« La plateforme déclare les voyageurs à ma place. » Non. La déclaration reste une obligation de l'hébergeur.
5. L'approche The Keys Conciergerie : la conformité avant la première réservation
À Marrakech, la confiance se perd vite. Notre position est simple : aucun bien n'est mis en ligne tant que son cadre légal n'est pas clair.
Ce qu'il faut retenir quand vous nous confiez votre villa :
- Nous vérifions le cadre avant tout. Statut du bien, autorisation, documents : nous faisons le point avec vous avant la première annonce.
- Nous déclarons chaque voyageur à son arrivée. Sans exception, quelle que soit la durée du séjour ou la nationalité.
- Nous travaillons dans la transparence. Tarifs clairs pour les voyageurs, reporting mensuel pour vous.
- Nous vous orientons vers les bons professionnels. Pour la fiscalité ou les démarches administratives, nous vous mettons en relation avec des experts locaux.
Vous restez propriétaire de vos choix. Nous orchestrons le quotidien, dans les règles. Découvrir notre accompagnement.
Questions fréquentes
1.La location courte durée est-elle légale au Maroc ? Oui. Elle est encadrée par la loi 80-14 et ses textes d'application, qui exigent une autorisation et la déclaration des voyageurs.
2.Quel est le décret d'application de la loi 80-14 ? Le principal est le décret n° 2-23-441 du 13 juillet 2023. Il fixe les procédures d'autorisation et de classement.
3.Dois-je déclarer les voyageurs marocains ? La loi vise l'ensemble des personnes hébergées. Chaque arrivée donne lieu à un bulletin individuel d'hébergement.
4.Qui délivre l'autorisation pour les autres formes d'hébergement ? Les autorités locales, après avis des services concernés, selon le décret 2-23-441.
5.Où lire les textes officiels ? Sur la page Hébergement touristique du site du Ministère du Tourisme, qui les met en téléchargement.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les textes cités sont ceux publiés par le Ministère du Tourisme à la date de mise à jour. Pour votre situation personnelle, consultez un professionnel du droit.
